L’Amant de lady Chatterley / D. H. Lawrence (1928)

chatterleyL’Amant de Lady Chatterley est le texte le plus connu de Lawrence, propulsé au rang de chef d’oeuvre de la littérature érotique, car un des premiers à valoriser une femme trouvant son plaisir dans les bras du garde chasse de son mari … Alors que tout les sépare au sein de l’Angleterre puritaine du début du XXe siècle, Constance va en effet trouver le bonheur sexuel dans une cabane au fonds des bois, en apprenant d’abord à connaître son corps. Affligée d’un mari revenu estropié de la guerre, le mépris qu’elle lui porte augmente en même temps que son amour pour son amant, un amour total qu’elle vit loin d’un monde en plein changement. Un monde qui lui permettra de vivre sa passion jusqu’au bout en demandant le divorce et en l’obtenant. Un monde dans lequel elle va pouvoir se réaliser et vivre pleinement.

« Elle sentait qu’elle était arrivée au but le plus primitif de sa nature, et qu’elle était essentiellement sans honte. Elle était soi-même, dépouillée et sans honte. Ce fut un triomphe, presque une gloire. C’était donc ainsi ! C’était là la vie ! »

Publié à Florence en 1928, le roman n’a pu être imprimé au Royaume-Uni qu’en 1960, longtemps après la mort de l’auteur (1930). La publication du livre a provoqué un scandale en raison des scènes explicites de relations sexuelles, de son vocabulaire considéré comme grossier et du fait que les amants étaient un homme de la classe ouvrière et une aristocrate. Les éditeurs anglais ont été amenés devant un tribunal mais ils ont su montrer l’intérêt littéraire de l’œuvre et échapper à la condamnation pour obscénités. Ils furent donc acquittés et leur exemple fit jurisprudence pour une plus grande liberté d’expression.

Pour ma part, si je reconnais la valeur symbolique de ce roman, j’ai eu du mal à m’y intéresser. Constance ne m’a semblé être qu’une pimbêche, qui observe avec détachement la dévotion que lui voue son mari, sans réellement lui accorder d’importance et encore moins d’intérêt. S’il était publié aujourd’hui, je ne m’y serai sûrement pas intéressé, les scènes érotiques me semblant toujours fausses dans la littérature.

Bref, une déception pour ce classique, même si je m’y attendais quelque peu …

6 commentaires

  1. Il me semble l’avoir lu mais je ne me souviens plus vraiment ! En tout cas il y a eu très belle adaptation en 2006 par Pascale Ferran si tu as l’occasion de voir ce film cela te permettra peut-être de te réconcilier avec ce roman !

  2. Je l’ai lu ado, presque en secret avec une magnifique édition, plein de dessins assez suggestifs…je ne me souviens pas avoir adoré non plus, mais j’avais l’impression de lire quelque chose d’assez interdit, j’en garde plutôt un bon souvenir! Tu l’as peut-être lu trop tard? (Après, c’est clair, Constance est une tête à claque!)

  3. Le probllème avec DH Lawrence est qu’il n’est pas connu en France et y reste très mal interprété. Les spécialistes sont rares, l’ont lu sur le tard, et s’en saisissent avec l’outrage de la naiveté profane. C’est le cas de Pascale Ferran dont le talent et l’intelligence ont néanmoins produit un beau film qui s’affranchit de la lecture sexiste de Lawrence qu’on trouve chez les féministes incultes.
    DH Lawrence est un exemple parfait d’auteurs dont il faut d’abord lire une biographie avant que de s’emparer de l’oeuvre – tant celle-ci se confond avec la vie et la pensée de cet écrivain.
    En l’occurrence, son biographe est Richard Aldington. Le livre d’Anthony Burgess : DH Lawrence ou le feu au coeur, est cependant suffisant pour s’initier à Lawrence avant de le lire dans le texte. Cela permet de le comprendre, de mieux le lire ou à défaut de savoir à quoi s’attendre.
    Ces deux études de DH Lawrence sont sans ambiguités au sujet de Lady Chatterley et de son amant : c’est le plus mauvais livre de DH Lawrence. Il existe du reste trois versions de Chatterley. Le film de Ferran ne traite d’ailleurs pas celle du livre que vous avez lu. DH Lawrence a aussi commis un essai dans lequel il prend la défense de Lady Chatterley.
    Son plus grand roman est l’ensemble ARC-EN-CIEL et FEMMES AMOUREUSES, rassemblé sous le titre DEUX SOEURS, le deuxième volet étant considéré comme l’un des dix plus grands livres du XXème siècle.
    On lui doit aussi des essais brillants, notamment un sur les Etrusques et un autre sur la littérature classique américaine qui rend à Moby Dick toute sa dimension que les médiocres lecteurs petts-bourgeois réduisent à celle de la littérature pour enfants.

    1. C’est passionnant tout ça, je ne savais rien du tout sur cet auteur ! Habituellement je fais des recherches mais comme celui-ci ne m’avait pas plu, je n’ai pas vraiment approfondi … mais du coup vous me donnez envie de découvrir le reste de son oeuvre, moins sulfureux, moins connu, mais qui a l’air intéressant !

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