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Le Blog des Livres qui Rêvent …

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Seconde guerre mondiale

Journal d’Anne Frank.

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Le 12 juin 1942, une jeune fille allemande du nom d’Anne Frank est heureuse de commencer la rédcation d’un journal intime, sur le beau cahier qu’elle a reçu pour son treizième anniversaire. La famille Frank (le père, la mère et les deux filles) a déjà fui l’Allemagne pour rejoindre les Pays-Bas. Le 9 juillet, les menaces nazies se précisent et elle doit se cacher. Elle investit alors une Annexe de l’entrepôt du père d’Anne. Quelques temps après, vont la rejoindre la famille Van Daan (père, mère et fils) puis un dentiste juif (qu’Anne détestera). Aussitôt surnommé l’Annexe et doté de règles, c’est dans ce lieu que vont évoluer 8 personnes pendant deux ans, jusqu’à leur arrestation le 4 août 1944, vraisemblablement à la suite d’une dénonciation. La dernière lettre d’Anne Frank (elle s’adressait à son journal en l’appelant Kitty) date du 1er août 1944. Lire la suite

La douleur / Marguerite Duras (1985)

douleur

J’avais lu Moderato Cantabile, pour découvrir cet auteur. J’en étais ressortie sans grande émotion et me disant que Duras n’était pas pour moi. L’année dernière, les Lectrices m’ont convaincu de retenter et nous avons lu Les Petits Chevaux de Tarquinia. Un second échec. Si j’ai su reconnaître la qualité du travail de Duras, je n’adhère décidément pas à sa manière d’écrire, ses phrases courtes, brisées. Et ses histoires qui n’ont jamais vraiment pu retenir mon attention … Lire la suite

Le terroriste noir / Tierno Monemembo (2012)

En plein cœur de la Seconde guerre mondiale (oui encore un roman sur ce thème, la rentrée en est pleine !), les habitants d’un petit village des Vosges découvrent un soldat « nègre » réchappé de la débâcle de 1940. Ce Guinéen, adopté en France à l’âge de 13 ans, va faire sensation auprès des villageois.

« Il y a un nègre dans la rue Jourdain
– Et qu’est-ce qu’il fait là, ce nègre ?
– Rien, il est juste en train de mourir. »

Petit à petit, il s’intègre à la vie du village, séduit. Et puis, en 1942, il entre dans la Résistance, créant le premier maquis des Vosges, et entraînant avec lui quelques-uns des habitants. Véritable diable noir, les Allemands le pourchassent et l’appellent « le terroriste noir », « Der schwarze Terrorist ! » Lire la suite

Suite française / Irène Némirovsky (1943)

 

A propos d’Irène Némirovsky (à lire !)

Irène Némirovsky est née dans une famille de financiers juifs russes. Lorsque la révolution éclate dans le pays en 1917, Léon Némirovsky préfère éloigner sa famille et s’installe en France en 1919. Irène reprend alors des études brillantes et décroche en 1926 sa licence de lettres à la Sorbonne. Cette même année, elle publie son premier roman (Le Malentendu) puis épouse un homme d’affaires juif russe, Michel Epstein. Sa première fille née en 1929, la même année où elle publie David Golder, son premier grand succès, adapté au théâtre et au cinéma.De succès en succès, Irène Némirovsky devient une égérie littéraire, amie de Kessel et Cocteau. Elle donne naissance à sa seconde fille en 1937.

La Seconde Guerre mondiale mettra un terme brutal à ce brillant parcours. En 1938, Irène Némirovsky et Michel Epstein se voient refuser la nationalité française, mais n’envisagent toutefois pas l’exil, persuadés que la France défendrait ses juifs. Ils préfèrent toutefois éloigner leurs filles. Contrainte, Irène porte l’étoile jaune. Elle rejoint, accompagné par son mari, ses deux filles dans le petit village où elles étaient cachés. C’est là qu’Irène Némirovsky rédigera le récit de Suite française, persuadée qu’elle allait bientôt mourir.

Elle est arrêtée devant ses enfants par les gendarmes en juillet 1942, et envoyée à Auschwitz, où elle succombera du typhus quelques semaines plus tard. Michel Epstein, qui avait tout tenté pour sauver sa femme, est également déporté en novembre et immédiatement gazé à son arrivée. Ses deux filles sauvent quelques documents, puis sont placées sous la tutelle d’Albin Michel et Robert Esmenard (qui dirigea la maison d’édition) jusqu’à leur majorité.  Lire la suite

Exodus (1958) / Leon Uris

Beaucoup de retard pour la chronique de ce livre puisque je l’ai lu début décembre … mais j’avais quand même envie de vous en parler car c’est une œuvre très importante et qu’elle m’a laissé une profonde impression.

L’auteur

Leon Uris (1924-2003) est un romancier américain, connu pour ses romans historiques dont les plus connus sont Exodus, publié en 1958, et Trinity en 1976, grâce auxquels il a acquis une reconnaissance internationale. Il a couvert le conflit israëlo-palestinien de 1956 en tant que correspondant de guerre. Il a ensuite rédigé Exodus, qui lui a demandé 2 ans de recherches et des centaines d’interview.

Exodus est le premier livre qui traite de l’émigration juive en Palestine et de la création de l’Etat d’Israël, il occupe donc une place particulière au sein de l’histoire de la littérature.

Le livre

En 1946, il reste encore à Chypre des milliers de Juifs derrière les barbelés. Des enfants qui n’ont connu que les ghettos, les camps de concentration et les ruines.

De l’autre côté de la mer, des immigrés tentent de faire renaître en Palestine une nation morte depuis deux mille ans. Un de leurs objectifs ? faire sortir le plus de Juifs de Chypre pour les conduire sur cette terre, d’où on ne pourra plus les expulser.

L’aventure de l' »Exodus« , un vieux cargo branlant, est celle de 300 enfants qui vont être le point de mire de toutes les tensions de l’époque. Lire la suite

Un sang d’aquarelle (1987) / Françoise Sagan

L’auteur

A son époque, on a énormément reproché à Françoise Sagan (de son vrai nom Françoise Quoirez; 1935-2004) son goût pour la provocation alors que pour beaucoup, elle était un symbole de la modernité et de la révolution féministe. Elle faisait partie d’une jeunesse argentée, désabusée et qui aimait boire, conduire et faire la fête. Ses romans et pièces de théâtre ont connu un grand succès, lui apportant argent et gloire, avec en premier lieu, Bonjour tristesse publié en 1954. Après un scandale lié au fisc, elle meurt désargentée et à l’écart du monde. Elle a écrit son dernier livre en 1996. Lire la suite

Effroyables jardins (2000) / Michel Quint

L’auteur

Né en 1949, il est titulaire d’une licence de Lettres classiques et d’une maîtrise d’études théâtrales. Professeur de Lettres Classiques, l’auteur commença par écrire du théâtre pour Théâtre Ouvert, puis pour France Culture, qui diffusa également ses feuilletons radiophoniques. Il obtient le Grand prix de littérature policière en 1989 pour Billard à l’étage.

Effroyables Jardins, paru en septembre 2000 aux éditions Joëlle Losfeld, est son roman le plus connu, adapté au cinema par Jean Becker en 2003 et de nombreuses fois porté au théâtre. Lire la suite

Jan Karski (2009) / Yannick Haenel

L’auteur :

Yannick Haenel est co-créateur de la Revue Ligne de risque. Professeur de français jusqu’en 2005, il a publié plusieurs romans dont Cercle qui a reçu le Prix Décembre et le Prix Roger Nimier. Il est chroniqueur pour le magazine de littérature et de cinéma TRANSFUGE depuis 2010.

Il a reçu le Prix Interralié et le Prix Roman Fnac pour Jan Karski en 2009.

Le livre :

Il est composé de trois parties. La première décrit un épisode du tournage du film Shoah de Claude Lanzmann dans lequel Jan Karski a été un témoin important. La seconde est une reprise du livre (Story of a secret state) que Jan Karski a écrit en 1942 et publié en 1944 qui raconte sa vie de résistant polonais. La troisième est un récit fictionnel sur les pensées de Jan Karski à la fin de la guerre, et les circonstances qui l’ont poussé à témoigner dans Shoah.

(Je viens d’ailleurs de lire que Lanzmann a attaqué l’auteur en l’accusant de falsification historique, en particulier dans la troisième partie. Yannick Haenel lui a répondu en invoquant sa liberté de romancier).

Ce que j’en ai pensé :

C’est un roman un peu difficile à commenter. La première partie m’a un peu énervée, je ne parvenais pas à rentrer dedans. La seconde est somme toute un récit classique de la vie d’un résistant pendant la Seconde guerre mondiale. La troisième est intéressante par les réflexions originales qu’elle propose, en ce qu’elles sortent des discours habituels sur la victoire des Alliés. Finalement c’est la réunion des trois parties qui en fait un très bon ouvrage.

Même si j’étais a priori un peu lassée par tous les romans sur la Seconde guerre mondiale dont on est impitoyablement bombardé à chaque rentrée littéraire, j’ai finalement été séduite. Je ne vais pas m’attarder sur ce qui ressemble à tous les romans sur cette guerre (« Jan Karski touche ici à quelque chose de vertigineux : il comprend que le mal est sans raison » ), mais plutôt pointer ce qui m’a semblé original :

– Le récit de la vie des Polonais pendant la Seconde guerre mondiale, et pas seulement des Juifs. On a au final très peu de témoignages sur ce que d’autres pays ont pu vivre durant cette période. Ici, « Jan Karski est témoin de l’infamie allemand, dont la machine répressive s’applique à rendre le quotidien des Polonais invivable.  Fermeture des écoles et interdiction par les Allemands de tout enseignement. Programme de famine qui maintient chaque habitant sous le niveau minimal d’alimentation. Déportation systématique des nouveaux-nés polonais. » Certes, il insiste beaucoup sur le courage des Polonais, faisant peut-être l’erreur de trop vouloir généraliser l’attitude de ces derniers, sans nuance : « Etre polonais voulait dire être contre toutes les tyrannies ». On a trop souvent l’image du Polonais antisémite dénonçant les Juifs à tour de bras. On ne prend pas assez conscience, je pense, que la Pologne a été littéralement écrasée par deux pays, l’Allemagne et la Russie. Ou le drame d’une nation que l’on veut effacer de la carte, non pas seulement géographiquement mais aussi culturellement.

– La réflexion sur le rôle de la parole, du témoin qui doit dépasser l’horreur de sa vie : « C’est grâce à Claude Lanzmann que j’ai réussi, comme des dizaines d’autres témoins, à revenir du silence – à me faire entendre. »

– L’impuissance d’un homme qui a voulu se faire entendre en prévenant les Alliés de ce qui se passait. « Et pourtant le livre n’a rien changé. Si un livre ne modifie pas le cours de l’Histoire, est-ce vraiment un livre ? » D’où l’intérêt de la réflexion sur l’attitude des Alliés et la blague qu’est le procès de Nuremberg, un mois avant Hiroshima et Nagasaki. « Au fond j’avais fait l’expérience  de la fin de ce qu’on appelle l' »humanité ». Le mot « humanité » s’est tellement compromis au cours du XXe siècle qu’à chaque fois qu’on l’emploie, il semble qu’on se mette à mentir. »

Bon ce billet est déjà un peu long mais il y a tellement de choses à dire sur ce livre … le mieux est que vous le lisiez !

PS : de mon côté, je me dépêche de me procurer Shoah de Lanzmann, qui me semble être une lacune dans ma culture … 🙂

Mon enfant de Berlin (2009) / Anne Wiazemsky

L’auteur : Née en 1947, à Berlin (!), elle est écrivain et romancière. Elle a reçu le Prix Goncourt des Lycéens en 1993 pour Canines et le Grand prix du roman de l’Académie française en 1998 pour Une poignée de gens. Ses romans sont souvent influençés par l’histoire de sa famille.

Le livre : Entre fiction et témoignages, la petite-fille de Mauriac nous retrace la rencontre de ses parents en 1945 dans Berlin dévastée par la guerre, dans un style très simple mais efficace et touchant.

Ce que j’en ai pensé :

C’est un petit compliqué de dire en peu de mots ce que j’ai pensé de ce livre. Déjà il faut prendre en compte que c’est le quatrième roman en peu de temps que je lis sur la Seconde guerre mondiale. J’y suis donc entrée avec une certaine lassitude, même si cela faisait un moment que je voulais le lire. Et finalement j’ai un avis un peu mitigé, quoique tendant vers le positif !

En effet, Anne Wiazemsky parvient à nous tracer un portrait de sa mère comme une femme courageuse, forte, qui s’efforce de vivre par elle-même et pas seulement comme étant « la fille de » François Mauriac. Au final, j’ai été moins touchée par les descriptions de la guerre (même si pour une fois elle y aborde les souffrances des Allemands) que par son combat pour se trouver, exister, sa recherche du bonheur dans cette Europe déchirée et ce malgré les atrocités qu’elle a vécu. J’ai été par exemple également sensible à sa volonté de se détacher du rôle que sa famille voudrait lui voir jouer, c’est-à-dire être une gentille fille qui fasse tapisserie chez eux et qui se marie avec un Français de bonne famille pour avoir des tas d’enfants … Sa vie est finalement un pied-de-nez à tout ceci, et même si Wia n’est peut-être pas l’homme parfait, elle peut être satisfaite d’avoir fait ce qu’elle a voulu. Une magnifique figure de femme finalement.

Un roman intéressant, de facture certes classique, mais tellement humain !

Plongée dans le livre :

« Quand Claire quitta le bureau pour rejoindre son étage, elle avait envie de chanter de joie dans l’escalier : elle venait de rencontrer enfin un homme qui ignorait l’existence de son illustre père et pour qui la littérature, les livres ne comptaient pas. Cette situation si nouvelle l’enchantait. »

 » Claire allume une cigarette. Avec une lucidité glacée elle compare sa famille à celle de Wia. Il ne s’agit pas seulement de deux nationalités différentes, il s’agit de deux mondes qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre. »

 

Elles vivaient d’espoir (2010) / Claudie Hunzinger

L’auteur :

Née en 1940 en Alsace, Claudie Hunzinger poète, peintre et plasticienne. Elle a publié en 1973 un récit, Bambois la vie verte. Elles vivaient d’espoir est son premier roman.

Le livre :

La narratrice rend hommage à sa mère en reprenant une partie de sa correspondance, de sa jeunesse à son mariage. Elle explore en particulier la relation que celle-ci entretenait avec une amie, Thérèse. Au-delà de cette histoire de famille, c’est la guerre et la situation périlleuse des Alsaciens durant celle-ci qu’évoque de manière très forte ce roman.

Ce que j’en ai pensé :

Il se trouve que j’ai lu ce livre il y a deux semaines, mais que j’ai été un peu flemmarde et que je n’en fais la critique qu’aujourd’hui. Or, ce n’est pas juste pour l’auto-flagellation que je vous dis cela, mais bien parce qu’entre temps, j’ai lu Les Années d’Annie Ernaux, qui m’a fait forte impression. Les deux romans sont un peu dans la même veine, même si le projet d’Annie Ernaux est plus étendu dans le temps, plus ambitieux, moins intimiste également (alors qu’ici l’auteur nous plonge dans l’intimité de sa mère.)

Du coup, en comparaison, je suis un peu déçue. Certes c’est bien écrit, l’histoire est prenante, elle se mèle  à l’Histoire, ce que j’apprécie toujours, mais d’une manière un peu rapide : les années se succèdent sans que l’on puisse s’attacher au personnage d’Emma, même si j’ai aimé la liberté qu’elle prend dans ses choix de vie. Cependant je ne les ai pas toujours bien compris, voire je les ai franchement désapprouvés. De plus la question de la guerre me semble être traitée un peu trop légèrement, alors que finalement elle aurait pu développer davantage ce passage. Et elle ne peut échapper à certains topoï littéraires. Au final, peu de surprises dans ce roman.

Plongée dans le texte :

« L’amour, ce serait lui faire lire mes livres les plus aimés. »

« Très tôt, elle avait décidé d’aller dans sa vie comme dans un roman. »

« Elle était cet immense désir qui ne pouvait vivre, capable seulement de renverser. »

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