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Le Blog des Livres qui Rêvent …

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Coup de griffe

Deux romans de Polly Shulman pour le prix d’un !

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J’ai d’abord découvert cette auteur de littérature jeunesse avec ce gros roman, qui m’a attirée par son titre et son pitch : la jeune héroïne, Elizabeth Drew, se fait embaucher dans une mystérieuse bibliothèque où l’on ne stocke pas des livres mais des objets … magiques ? Tout le laisse penser mais Elizabeth ne parvient pas à obtenir de réponses claires de la part du personnel, surtout lorsqu’elle entend parler de la collection Grimm, supposée contenir des objets issus des contes. Et puis tout se précipite un jour qu’elle se retrouve nez à nez avec un gigantesque oiseau, tout droit sorti de l’imagination des Grimm …

Si le style n’est pas fracassant, j’ai été prise dans ce récit drôle, frais et intelligent. Un bon divertissement qui plaira aussi bien aux adolescents qu’aux adultes ouverts à l’imaginaire et à la magie. Un bémol cependant pour cette habitude des romanciers jeunesse de nous rajouter une couche de sentimentalisme et de dialogues mielleux entre adolescents, ou alors c’est que je suis maintenant vraiment très loin du cœur de cible … Enfin un univers tout de même sympathique, que l’on peut retrouver dans le second volume, L’Expédition H. G. Wells.

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En écrivant l’article précédent sur La Malédiction Grimm, je me rends compte qu’il est intéressant de chroniquer en même temps deux livres du même auteur. Car on y retrouve les mêmes défauts …

Dans « La fille qui voulait être Jane Austen » (un titre qui n’a d’ailleurs aucun rapport avec celui en anglais, Enthousiasm, ce qui est d’ailleurs très significatif quand on pense au contenu), on découvre la jeune Julie, adolescente assez banale et pourtant pourvue d’un humour très caractéristique qui me l’a fait apprécier d’emblée. Elle raconte ses aventures avec sa meilleure amie, Ashley, qu’elle appelle l’Enthousiaste de par sa capacité justement à s’enthousiasmer, pour des temps des courts … après la période pâtisserie, Julie s’apprête à subir la période Jane Austen ! Robes longues, beau parler et séduction seront donc désormais les credo d’Ashley qui s’est mis dans la tête de se trouver un Mr Darcy et un Mr Wickham pour elles-deux. Des situations rocambolesques se préparent …

Si j’ai aimé le début pour son côté original (le caractère des filles, les allusions à la littérature même si elles se limitent à Orgueil et Préjugés, c’est déjà pas mal !), très vite Polly Shulman retombe dans le mielleux que j’ai critiqué dans La Malédiction Grimm. Le roman perd en richesse au fur et à mesure, me perdant en même temps. Alors certes il se lit vite, mais je n’ai pu m’empêcher d’en garder un arrière-goût de déception en le refermant, puisqu’il ne tient pas toutes ses promesses.

Pour conclure sur ces deux romans : au final j’en ai tiré la même réflexion, un bon départ, une bonne idée et puis ça se perd … Et c’est dommage !

L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes / Karine Lambert (2014)

immeubleA Paris, il existe un immeuble d’un genre particulier …

Si le titre laisse peu de place à l’imaginaire, la description de cet immeuble que fait Karine Lambert n’en est pas moins croustillante ! 5 femmes ont ainsi volontairement renoncé aux hommes, pour diverses raisons : trahisons, décès, oubli. Les hommes les ont déçues, abandonnées, elles les mettent donc de côté pour vivre une vie de camaraderie, sans douleur ni passion. Mais comme on peut s’y attendre, aucune décision n’est irrévocable … Leur destin va basculer le jour où une jeune fille sous-loue un appartement dans cet immeuble. Une jeune qui, elle, n’a pas renoncé .. Lire la suite

Incidents voyageurs / Dalibor Frioux (2014)

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Le jour où les 2000 passagers du RER A sont montés dans ce train, ils étaient loin de se douter de l’enfer dans lequel ils vont se trouver plongés … pour toujours. Car quelque part entre Vincennes et Nation, le RER s’arrête soudain, dans une voie de garage, et ne bouge plus. Pourquoi ? Nul ne le sait : le conducteur semble avoir disparu, aucune information ne filtre. Ils sont juste là, les uns sur les autres car c’était l’heure de pointe. Et ils attendent. Lire la suite

La Cuisinière / Mary Beth Keane (2014)

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Immigrée irlandaise arrivée seule à New York à la fin du XIXe siècle, Mary Mallon travaille comme lingère. Courageuse et obstinée, elle se découvre un talent caché pour la cuisine et très vite, elle trouve à s’employer dans diverses maisons bourgeoises. Et puis des gens se mettent à contracter la typhoïde, et en meurent parfois … Bientôt un ingénieur sanitaire parvient à faire le lien entre toutes ces maisons : elles ont toutes employé Mary à un moment, qui a toujours soigné les malades, mais sans jamais présenter aucun symptôme de la maladie. Commence alors un jeu du chat et la souris entre les médecins qui veulent l’examiner et Mary qui se sent persécutée, qui semble vivre une injustice permanente alors qu’elle est en parfaite santé. Envoyée en quarantaine dans une unité spécialisée dans les cas de typhoïde, Mary n’aura de cesse de se battre pour sa liberté … Lire la suite

Y comme Romy / Myriam Levain et Julia Tissier (2014)

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Romy a trente ans. C’est un pur produit de la génération Y, née dans les années 1980 et bercée par les nouvelles technologies dès son adolescence. Aujourd’hui elle enchaîne les CDD, aussi bien professionnels que personnels, ne parvenant pas à se stabiliser. Lire la suite

Constellation / Adrien Bosc (2014)

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Le 27 octobre 1949, le nouvel avion d’Air France, le Constellation, lancé par l’extravagant M. Howard Hughes, accueille trente-sept passagers sur le vol Paris-New York. Le 28 octobre, il disparaît soudainement alors qu’il entamait sa descente vers les Açores, pour sa première escale.
Ce crash aura un grand retentissement en partie par le mystère qui entoure d’abord sa disparition puis, une fois la carcasse retrouvée, parce qu’il transportait le célèbre champion de boxe Marcel Cerdan – amant d’Edith Piaf – et la violoniste Ginette Neveu – dont le Stradivarius ne sera jamais retrouvé.
Adrien Bosc retrace donc ces heures terribles entre l’embarquement et la recherche des corps, il revient sur l’enchaînement des faits qui a conduit à cette tragédie.
« Quel diable s’est ingénié à faire concorder autant d’erreurs jusqu’à un impact aux probabilités nulles ou presque ?
Ce presque au centre de toutes les attentions, ce hasard dont il faut dénouer les ramifications pour l’extraire de la fatalité. »
Mais il ne s’intéresse pas qu’aux célébrités qui ont trouvé la mort dans le crash : chapitre après chapitre, il enquête sur la vie de chacun des passagers, Français ou Américain, qui ont eu le malheur de se trouver sur ce vol, parfois par le plus grand des hasards … A leurs côtés il y a donc le génial créateur des produits dérivés Disney, mais aussi cinq bergers basques engagés dans des ranchs du Far West, ou encore une modeste bobineuse de Mulhouse devenue héritière d’une usine de bas nylon à Detroit. Il y a également ces jeunes mariés américains, sauvés parce qu’ils ont dû céder leurs places à Cerdan. « La part des anonymes m’intéresse beaucoup« , dit le romancier. « Dans mes lectures, je préfère aussi souvent les personnages secondaires ».
Malheureusement, si le roman a plu à l’Académie française, pour moi la sauce ne prend pas : le récit n’a rien d’extraordinaire, il reste très factuel, à la manière d’un compte-rendu, froid et précis. Le style est d’ailleurs très journalistique, sans aucune verve romanesque. Bref il me semble que c’est davantage le sujet qui a été récompensé que la performance littéraire. Même si on ne peut pas nier que ce « fait divers » est intéressant, et pour le coup Adrien Bosc a fait un vrai travail de recherche : tous les détails sont là, historiquement vérifiés. J’ai été particulièrement fascinée par les questions que se sont posés les enquêteurs : alors que l’avion allait se poser, que le ciel était dégagé, la carcasse est retrouvée à 90 km au nord de la piste d’atterrissage, dans les montagnes. L’utilisation d’un avion fantôme pour refaire la trajectoire, est vraiment impressionnante d’efficacité et de précision.

Et puis je reproche également à l’auteur un travers des plus exaspérants, qui frappe trop souvent la littérature française contemporaine : l’envie de mettre un peu de sa vie dans un roman. Qu’est-ce que c’est agaçant, car personnellement quand je lis un roman, l’auteur doit s’effacer, je ne veux pas savoir s’il est parti dans telle ou telle partie du monde, ou ce qu’il a mangé la veille …

M’enfin bon. Pour conclure : Un roman que vous pourrez lire si bon vous semble, mais dont on peut se passer.

 

Les Brumes du Caire / Rosie Thomas (2014)

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Rosie Thomas m’avait éblouie avec Le Châle de Cachemire qui nous transportait dans l’Inde des années 1950, sur la route de la fabrication du Cachemire. Utilisant l’artifice efficace de la plongée dans le passé familial pour se comprendre soi-même, il nous faisait suivre la petite-fille d’une Anglaise vivant au temps de la colonisation.

Pour Les Brumes du Caire, rebelotte ! Lire la suite

La porteuse de mots / Anne Pouget (2014)

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Paris, 1498. Alors que le royaume de France célèbre l’accession au trône d’un nouveau souverain, Louis XII, la jeune Pernelle, modeste porteuse d’eau, rêve de s’élever au-dessus de sa condition. Fascinée par la lecture et l’écriture, ces savoirs alors en plein essor avec le développement de l’imprimerie et la diffusion des livres, elle se met en tête d’apprendre à lire et écrire, confortée dans ce projet par sa rencontre avec Enzo, un jeune étudiant italien … Lire la suite

La mer à courir / Jean-Luc Marty (2014)

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A la périphérie de Paris, deux mondes se côtoient en s’ignorant : l’entreprise, gigantesque immeuble de verre hautement sécurisé et protégé ; et la cité, blocs d’habitation repoussés à la limite de la « civilisation ». Virginie évolue dans la première, stagiaire en journalisme ; tandis que Paul, Tahitien fraîchement débarqué à Paris, se retrouve propulsé dans le deuxième monde. Ils ne devraient pas se rencontrer, et pourtant ils vont rejouer la célèbre partition de Bernardin de Saint-Pierre, en essayant de trouver une fin différente, plus heureuse.

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La route du Cap / Jennifer McVeigh (2012)

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Dans l’Angleterre du XIXe siècle, Frances a grandi choyée par son père. Quand ce dernier meurt, couvert de dettes, la vie de la jeune femme bascule. Pour survivre, la voilà obligée d’accepter la demande en mariage de son cousin Edwin, médecin en Afrique du Sud. Mais lors de la traversée qui la conduit, résignée, à son fiancé, Frances rencontre le séduisant William Westbrook, et son cœur chavire… Lire la suite

Les romans non chroniqués en avril … que je n’ai pas aimés !

La Villa des mystères / Federico Andahazi (2004)

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Il y a quelques mois, en errant dans les allées du Salon du Livre de Paris 2014, je me suis perdue dans les méandres du stand argentin et je me suis tombée sur un intriguant petit roman : La Villa des mystères de F. Andahazi.

Été 1816 : le temps est exécrable sur les rives du lac Léman. Désœuvrées, Lord Byron, Percy et Mary Shelley, Claire Clairmont et le docteur Polidori, hôtes illustres de la villa Diodati, se lancent un défi littéraire : écrire l’histoire gothique ultime, la plus sombre, la plus originale.

Une histoire connue, mais ici réécrite par la plume de Polidori, secrétaire méprisé par Byron, qui rêve d’écrire un chef d’oeuvre, alors qu’il incarne l’être humain dans médiocrité et sa fragilité. Au sein de cette villa terrifiante, il va se mettre à recevoir d’étranges lettres anonymes qui vont soulever le voile sur une sombre histoire inconnue du grand public … qui va inspirer Polidori pour son personnage du Vampire

Court roman, La Villa des mystères m’a laissée sur ma faim : je m’attendais à une réécriture intéressante de cette période littéraire alors qu’en réalité l’auteur nous propose une interprétation un peu écœurante de l’histoire de la littérature, à travers un être ignoble qui aurait inspiré les plus grands écrivains. D’abord happée par ma lecture, j’ai rapidement été dégoûtée et puis j’ai totalement décroché devant le n’importe-quoi que devenait ce roman, le terminant en étant déçue …

Je vais cependant finir sur un point positif car l’auteur invente une machine formidable : la machine à lecture qui analyse si le roman est publiable ou pas ! Il raconte ainsi l’anecdote de l’inventeur de la machine qui se suicida après avoir soumis son propre texte à sa création …

Je me suis ainsi prise à rêver de cette machine qui nous débarrasserait de contenus à jeter, sur le plan spirituel ou formel … Lire la suite

Mon chien stupide / John Fante (1985)

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« Mon chien Stupide », de John Fante, est un roman étrange : nous l’avions sélectionné pour le Club des Lectrices, autour du thème de l’humour. Or, une fois ce livre refermé, la première réflexion qui m’ait venu c’est que je n’avais pas ri une seule fois. Premier échec donc. Puis, alors que je l’avais laissé de côté un moment, il m’a fallu m’attaquer à la chronique pour le blog. Deuxième échec : je n’en avais pratiquement rien retenu. Il fait donc partie des livres que j’ai survolé, ne m’attachant ni à l’histoire – loufoque -, ni aux mots – classiques -, ni aux personnages – barbants et bizarres, bref, un vrai coup de griffe pour moi.

Néanmoins, laissez-moi vous en dire un peu plus sur ce roman … Lire la suite

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