Dernières lectures québécoises 2/2: M. Tremblay, M. Laberge et E. Laforce

Après ma présentation de romans autour des Premières nations, voilà quelques autres œuvres québécoises intéressantes, composées de deux auteurs « classiques » du Québec, de nouvelles, et d’une jeune auteure.

Juillet / Marie Laberge (1989)

Marie Laberge est une des auteures les plus connues au Québec : elle a publié en particulier la trilogie Gabrielle / Adélaïde / Florent qui est aujourd’hui encore un gros succès, et dont j’ai lu le premier tome avec plaisir car il fat découvrir la vie des Québecois du milieu du XXe siècle, à travers une figure féminine intéressante.

Loin de cette imposante trilogie, le court roman Juillet tranche : on y découvre un huis-clos familial où les non-dits vont s’accumuler jusqu’à l’explosion du drame. Tout part de l’anniversaire de Charlotte, ses 65 ans. Pour l’occasion, son fils David, sa belle-fille Catherine et le petite-fils Julien viennent partager un repas. Simon, son mari, prépare l’événement, tout en se demandant comment il va pouvoir se comporter avec sa belle-fille dont, il se l’avoue, il est amoureux. Sentiments de Catherine, annihilation de David, haine de Charlotte, tout cela va donner un beau cocktail explosif. Raconté du point de vue de Simon principalement, le récit retrace cette escalade, en évoquant magnifiquement ces sentiments socialement inacceptables et pourtant irrépressibles. A ma grande surprise, alors que je n’étais pas attirée par le thème, j’ai été happée et j’ai suivi avec anxiété cette histoire condamnée à faire souffrir toute la famille … Un beau texte.

Un ange cornu avec des ailes de tôle / Michel Tremblay (1994)

Changement de style avec cette autobiographie littéraire du grand Michel Tremblay, dont je vous ai déjà parlé. Dans le Montréal des années 1950, le jeune Michel découvre la magie des mots et des livres qui l’emportent hors de son quartier. Il entre en littérature avec la complicité de sa mère, dont la figure bienveillante est dessinée avec amour et prend place aux côtés des figures maternelles magnifiques des mères de Romain Gary et de Albert Cohen. Cette mère sera d’ailleurs le modèle de la Grosse Femme des Chroniques du Plateau-Mont-Royal. Romans d’aventure, classiques mais aussi premières lectures de romans québécois, nous découvrons le panthéon littéraire du plus important écrivain québécois, par les yeux et la plume d’un enfant émerveillé devenu grand, et écrivain. A découvrir !

Nouvelles de Montréal / Collectif (2017)

Découvert totalement par hasard au milieu de cette belle collection des éditions Magellan et Cie qui rassemblent des nouvelles de toutes les villes et de tous les pays, j’ai eu ainsi l’occasion de découvrir des auteurs québécois dont j’avais entendu parler (Rodney Saint-Eloi, fondateur de la très bonne maison d’édition Mémoire d’encrier ; Monique Proulx), et d’en redécouvrir d’autres (Catherine Mavrikakis, publiée chez Sabine Wespieser éditeur en France). Dans les deux cas, j’ai lu des textes de grande qualité, éclairant chacun à leur manière la ville de Montréal, permettant de mieux la connaître ou de la découvrir si vous ne la connaissez pas ! Les thématiques abordent les enjeux actuels de la ville (présence des Amérindiens, empreinte de la religion, le cosmopolitisme, la question de la langue) à travers des trajectoires personnelles intéressantes. Tour à tour conviviale, joueuse, jeune et inventive, Montréal est une ville fascinante qui gagne à être découverte !

Aux premiers temps de l’anthropocène / Esther Laforce (2018)

Enfin je termine cet article avec un court récit d’une bibliothécaire québécoise que j’ai eu la chance de côtoyer pendant quelques mois. Ce roman questionne l’impact de l’activité humaine sur la planète, mais également ce qui rend notre planète si belle, à travers la voix d’Emilie qui s’adresse à sa sœur d’une langue poétique qui donne espoir et lumière à l’humanité.

« De mes écrits, les choses naîtront et mourront souvent, en se mélangeant aux derniers bourdonnements des abeilles, aux coups des marteaux, aux grondements des moteurs, aux mauvaises nouvelles de la radio et des journaux. Ces choses dites, ces choses écrites, vues ou entendues se perdront dans le rayonnement fossile de tous les mots jamais chuchotés, jamais griffonnés, dans la lumière et le bruit de tout un monde. Jusqu’à son silence. »

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