A la découverte de la littérature québécoise : Les Premières nations

Comme je vis au Québec pour quelques mois, j’ai décidé d’en profiter pour découvrir la littérature québecoise ! Voilà le premier article de cette série, que vous apprécierez j’espère ! Les Premières nations m’ont vivement intéressé dès le début de mon séjour au Québec, et j’ai donc naturellement beaucoup lu sur elles.

Amun / Collectif (2016)

Tout d’abord, je commence mon tour par ce très beau recueil de nouvelles, avec des textes inédits de Joséphine Bacon, Natasha Kanapé Fontaine, Naomi Fontaine, Virginia Pésémapéo Bordeleau, Melissa Mollen Dupuis, Jean Sioui, Alyssa Jérôme, Maya Cousineau-Mollen, Louis-Karl Picard-Sioui et Michel Jean, sous la direction de ce dernier.

Amun signifie « rassemblement » en langue innue, ce titre convenait donc particulièrement pour ce recueil qui regroupe des auteurs autochtones de divers horizons, de différentes nations et générations. Les textes font écho à la fois à l’histoire des peuples autochtones vivant encore au Québec (que l’on appelle désormais les Premières nations), mais aussi à leur quotidien. De leurs traditions aux réserves indiennes qui connaissent tous les types de violence ; de la chasse au caribou en passant par les problèmes d’alcoolisme ; les récits évoquent tous les aspects de ces peuples à la culture foisonnante et passionnante.
Une bonne introduction pour découvrir leurs modes de vie, d’hier et d’aujourd’hui, et les enjeux qui les traversent.

Un thé dans la toundra / Joséphine Bacon (2013)

Mon coup de cœur poétique de l’année : la magnifique poésie de Joséphine Bacon, Innue au sourire éclatant, qui nous fait découvrir la langue innue-aimun tout en offrant des textes splendides en français. Elle nous fait parcourir la toundra sauvage, les chants, les danses, la liberté, dans celui-ci, comme dans ses autres recueils, tout aussi beaux, tel Uiesh.

Et comme la poésie se vit surtout, je vous en laisse découvrir un bout :

J’ignore si demain me gardera intacte
Je dis que l’espoir de se laisser être
Éloigne le désespoir


ou encore

Musique de mon cœur
Laisse le vent caresser la vie
Une tendresse pour un pas de danse
Une salle de bal tapissée de lichens
Et de constellations
Dessine mon infini

A la recherche du bout du monde / Michel Noël (2013)

Je continue par un beau roman de Michel Noël, qui raconte les aventures de Wapush , un jeune Amérindien marqué par le sort. Né en période de disette, orphelin et infirme, il partira à la recherche du bout du monde. C’est un intéressant récit d’aventures car il nous plonge dans les us et coutumes traditionnels des peuples de la taïga et de la toundra, tout en proposant une réflexion poétique sur l’identité et la quête de soi.

« Grand Vent du nord, Grand Vent du large, je suis un innu, un humain parmi les arbres. J’existe car je suis un flocon de neige, l’homme qui marche sur la terre. Mais un jour, je serai étoile parmi les étoiles dans le ciel, l’étoile filante qui marche vers l’horizon infini. Un innu qui marche dans l’univers. « 

Enfin, j’ai voulu inclure ce roman, même s’il n’a pas été écrit par un écrivain autochtone, car les Premières nations y sont au cœur : il raconte la crise de 1981 autour des permis de pêche au saumon, où les Indiens mig’maq de la réserve de Restigouche, en Gaspésie (Québec), ont tenté de se révolter contre des décisions gouvernementales qui contreviennent à leurs traditions et à leurs moyens de subsistance. Face à cette révolte, les policiers usent d’une violence qui leur est habituelle : « Ici, on a tous du sang indien et quand ce n’est pas dans les veines, c’est sur les mains. »
On y découvre un autre Québec, celui de la discrimination quotidienne, et la vie d’un peuple spolié qui tente de survivre dans un pays qui fut le leur mais où ils ne sont plus les bienvenus …

Eric Plamondon évoque cette période tendue à travers plusieurs personnages : une adolescente en révolte, un agent de la faune, un vieil Indien et une jeune enseignante française. Comme le saumon devenu taqawan remonte la rivière vers son origine, il faut aller à la source…
Roman magnifique mais terrifiant, Taqawan résonne en nous tous car si ce sont les Indiens qui sont visés cette fois, il se réfère à toutes les populations minoritaires, où qu’elles soient, qui sont discriminées, écrasées, et dont les rêves sont brisés dès l’adolescence tant il est dur d’échapper à un tel atavisme. L’histoire millénaire de peuples bafoués dans leurs droits les plus élémentaires.

Un récit qui m’a bouleversé, à l’écriture magnifique. Je vous conseille d’avoir le cœur bien accroché …

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