Seules les montagnes dessinent des nuages (2018) / Marc Lepape

L’ingénieur hydrographique Erraink part pour une île lointaine, la Sélébie, afin d’établir un système d’irrigation dans une vallée mystérieuse, l’Onk. Dans la vallée elle-même, Ilnah se retrouve abandonnée et isolée de son propre peuple après la décision de son frère de devenir stylite. Mensonges, non-dits, mystère peuplent ce roman surprenant.J’ai de suite été happée par l’écriture efficace et poétique de Marc Lepape. Complètement différent de Vasilsca qui s’ancrait dans la cruelle réalité du deuil, ce récit nous transporte dans un autre monde, celui des Onkiens qui vivent à l’abri des assauts de la civilisation (mais au final, n’est-ce pas le même type de monde que le héros de Vasilsca trouve dans la vallée roumaine ?)

Mais je ne veux pas aller plus loin dans les parallèles entre ces deux œuvres, et me concentrer sur celui qui est l’objet de mon article … Marc Lepape nous y dépeint l’évolution de deux individus qui dépassent leur passé chacun à leur façon, à travers l’amour et la compréhension mutuelle. Mais aussi le dur affrontement entre la vallée « merveilleuse » et le monde extérieur, ainsi que le difficile abandon de traditions ancestrales, dont tout le monde a oublié le but originel, qui n’a plus de sens aujourd’hui …

Bref, j’ai eu l’impression, le temps de la lecture, de vivre dans cette vallée et de côtoyer intimement Erraink et Ilnah. Leur humanité, leur proximité avec la nature, la pureté de leurs sentiments, leurs doutes aussi, en font des personnages très attachants et profonds. Mais n’allez pas vous imaginer que c’est un monde idyllique que celui de l’Onk ! Au contraire ! Et c’est justement le contraste entre la première et la deuxième partie, avec la violence qui va se déchaîner dans le ciel onkien qui en fait un magnifique roman.

Véritable voyage initiatique pour Erraink et Ilnah, les événements qui vont se dérouler ne va pas seulement changer leur vie mais celle de la Sélébie toute entière, confrontée à une mutation compliquée.
Personnages complexes et bien dessinés, morceaux de bravoure dans les descriptions, splendide hommage à la beauté des rapaces, je suis encore une fois impressionnée par la maîtrise de Marc Lepape qui m’a fait rêver avec une bonne histoire, pleine de bruits et de fureur mais aussi de sagesse et de beauté …

Une très belle invitation au voyage, que je vous engage à accepter !

Un commentaire

  1. Merci la liseuse hein ? Parce que moi, j’y vais tous les jours sur son blog et j’avoue fatiguer vite à lire sur écran, même si je dois l’avouer ce roman teinté de merveilleux surprend, enchante et les mots résonnent encore bien après la lecture mais avec moins d’impact qu’un livre papier, c’est indéniable !

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