Le Garçon / Marcus Malte (2016)

Il n’a pas de nom, il ne parle pas, il n’a plus personne au monde. Nous sommes en 1908. Il est le Garçon, quel que soit le village qu’il traverse et quel que soit le lieu où il se pose, quelques mois ou quelques années. Il erre, aime, se bat.

Ce roman est incroyable : il est le roman de l’Homme, sa vie, ses heurts, ses contradictions et ses douleurs. Il est rempli de personnages hauts en couleur, qui rythment la vie errante du Garçon : les habitants d’un hameau perdu, Brabek, l’ogre des Carpates, philosophe et lutteur de foire, etc.
« C’est un temps où le garçon commence à entrevoir de quoi pourrait bien être, hélas, constituée l’existence : nombre de ravages et quelques ravissements. »
Puis la guerre, l’effroyable carnage, paroxysme de la folie des hommes et de la civilisation.

Mais aussi l’amour, avec Emma, mélomane lumineuse tout à la fois sœur, amante et mère :  » Emma agit, avance, sans s’encombrer d’un fardeau de conscience superflu. La jeune femme ne s’est pas métamorphosée depuis la brutale irruption du garçon dans leur existence, mais on ne peut nier qu’un changement s’est produit. Il n’y a qu’à voir : hier elle luisait, aujourd’hui elle rayonne. Elle irradie. Elle attire la lumière et la renvoie au centuple par tous les pores de sa peau, par les phares de ses yeux, par l’ardente blancheur de ses dents lorsqu’elle sourit, par son rire même qui illumine qui l’entend. « .

Itinéraire d’une âme neuve qui s’éveille à la conscience au gré du hasard et quelques nécessités, ponctué des petits et grands soubresauts de l’Histoire, Le Garçon est un peu nous tous, sans voix et pourtant si bavard par son expérience même, qui le dépasse.
On ne peut que se laisser séduire par la prose magnifique de Marcus Malte, flamboyante, poétique, précise et parfois violente, dans l’amour ou dans la guerre. Si j’ai accéléré sur quelques passages un peu longuets (d’où le « quasi coup de cœur »), je me suis laissée porter par cette histoire scandée par l’Histoire, pleine de bruits et de fureur. Je me suis retenue surtout de citer le roman tout entier, pleine de phrases douces-amères sur la vie humaine, si vraies, si tristes. Je vous laisse sur mes deux préférées.

« Non seulement la beauté et l’harmonie ne durent ni ne s’emportent, mais aussi bref que fut le temps où elles nous sont apparues leur souvenir persiste, et leur absence ainsi mise en relief rend d’autant plus vertigineux le vide qu’elles nous laissent. « 

« Je vais jouer la journée entière et peut-être la nuit qui suivra, et un an et dix ans, cent ans de plus s’il le faut. Voilà ce que je vais faire.
Parce que je t’aime.
Parce que l’amour est ma patrie et l’art mon seul royaume. »

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