Trois fois la fin du monde / Sophie Divry (2018)

Après un braquage qui se termine mal, dans lequel son frère perd la vie, Joseph se retrouve en prison pour complicité. Il va découvrir l’horreur de la promiscuité, les brimades, les corruptions. Il va devoir choisir son camp, pour en sortir vivant. Et puis, deuxième fin du monde : un cataclysme s’abat sur la France.

La mort vint un matin.
Il a suffi d’une longue fissure, d’une explosion.
De l’air soufflant la mort par des rayons.
D’invisibles radiations et tout a commencé.
D’invisibles radiations qui très vite ont tué.

Alors c’est la liberté totale pour Joseph, la vie à la campagne, la débrouille, et le retour de la foi en la vie humaine …

Je ne peux vous en dire plus sans dévoiler trop l’intrigue de ce petit roman, court mais percutant, qui frappe par la précision de son langage et la capacité à se mettre dans la peau d’un personnage a priori peu recommandable mais finalement attachant … Même si Joseph n’a pas toujours fait les bons choix, on le voit plutôt comme une victime que comme l’acteur de sa propre vie, en particulier dans la première partie du roman. Dans la deuxième, il s’affirme, apprend à se débrouiller seul, commence à apprécier le silence, et découvre même l’amitié avec son mouton et son chat. Cette solitude qu’il réclamait à corps et cri en prison lui est servie sur un plateau, mais ne va finalement pas être si séduisante que ça …

J’ai été séduite par ce texte, en particulier par le fait que chaque partie a sa propre âme, sa propre voix, ce qui est un tour de force intéressant. Pour autant je ne peux m’empêcher de le comparer au roman de Marlen Haushofer, Le mur invisible qui suit le même schéma que la deuxième « fin du monde » : catastrophe, isolement du personnage, déroulé des saisons, réconfort dans les bêtes. Jusqu’à la fin pratiquement identique. Comme je venais juste de le lire, du coup je n’ai pu me détacher d’une impression de « déjà-lu » et j’ai été au final assez déçue, alors que d’un autre côté j’apprécie beaucoup Sophie Divry (avec La cote 400). Enfin, si certaines phrases sont belles, tout va très vite et on a l’impression de ne pas aller au fond des choses, que ce soit en prison ou dans sa vie de Robinson après.

En bref, un texte sympathique mais pas bien novateur …

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