Code / Kathy Reichs (2013)

codeTory, Hiram, Ben et Shelton sont des adolescents comme les autres : ils vont au lycée, ils tombent amoureux, ils ont une cachette secrète. Mais lorsqu’ils se retrouvent mêlés à une sombre histoire d’expérimentation sur les animaux, leur vie bascule : ils sont infectés par un virus inconnu qui décuple leurs capacités physiques et fait ressortir un instinct de meute. Les quatre amis portent désormais un lourd secret.

Code est le troisième volume des aventures de ces ados, publié par Kathy et Brendan Reichs, Kathy étant internationalement renommée pour ses romans fondés sur son expérience auprès du FBI et des tribunaux, en qualité d’anthropologue judiciaire. Ses romans ont pour personnage principal Temperance Brennan, et ont inspiré la série télévisée Bones. Dans le roman, Tory est la nièce de Temperance et veut la prendre en modèle lors de ses enquêtes.

Dans ce volume, les quatre adolescents se retrouvent pris au piège par un mystérieux Meneur du Jeu qui leur propose une série d’énigmes et d’objets à retrouver, les menaçant des pires conséquences s’ils préviennent la police ou arrêtent de jouer. Et rapidement les héros vont se rendre compte que ce fou ne rigole pas …

Il n’a pas été très difficile de commencer cette série avec le 3e tome, l’auteur expliquant soigneusement toutes les allusions aux tomes antérieurs, d’une manière un peu lourde parfois … A la limite, il aurait mieux valu un paragraphe, avant le début du volume, résumant rapidement les aventures précédentes. C’est le premier point négatif. Et d’autres vont suivre car je vous avoue tout de suite : s’il y a un suspens haletant dans ce roman, c’est bien la seule chose qu’il y a.

J’aime lire régulièrement des romans pour les adolescents : des thèmes importants y sont abordés, parfois mieux que dans les romans pour adultes, et puis j’ai gardé un faible pour les héros ados. J’ai découvert des romans de qualité de cette manière. Mais ici, je n’y ai vu que ce que je déteste justement dans ce type d’écrit.

Par exemple, les jeunes n’utilisent pas un ordinateur mais un Mac. Ils n’ont pas une décoration quelconque mais des meubles Ikea. Et qu’est-ce qu’on s’en fiche qu’un tel porte un sweat à capuches avec un fantôme dessus, ou des chaussures Nike. Les messages publicitaires ne sont même plus subliminaux …

Au niveau du style, le récit est raconté à la première personne, par la voix de Tory Brennan, et l’auteur a dû se dire qu’en adoptant le niveau de langue des ados, ils apprécieraient. J’avoue que je ne sais pas s’ils apprécient, mais ce que moi je n’aime pas, c’est qu’on appauvrisse volontairement une langue pour la rendre soit-disant plus accessible. Exemple : « Un tel avait cuisiné [du porc au coco ou ce que vous voulez], Tory était décidée à ne pas l’aimer, elle le goûta. Mhh. Trop bon. » Bref … il n’y a peut-être que moi que ça choque, mais quand on lit 500 pages comme ça, cela finit par fatiguer … On peut très bien écrire de bons romans pour adolescents, et les exemples ne manquent, sans sacrifier un certain style et une qualité littéraire.

A part ça, je n’ai pas grand chose à rajouter : si l’on fait abstraction de la langue et de la vacuité de certains dialogues, l’histoire se lit bien malgré la retombée (manière soufflé) un peu étrange 30 pages avant la fin. C’est vrai qu’un bal c’est tellement plus important que le meurtre de 200 personnes. C’est donc normal de laisser l’enquête de côté pour aller danser.Quant à la petite touche de surnaturel, les Reichs semblent avoir simplement cédé à la grande vague bit-lit des vampires et autres loup-garous, car les pouvoirs des jeunes ne leur servent pas à grand chose …

Enfin bon, vous avez compris mon idée, je vous laisse juger par vous même et je conclus par ces mots : roman à éviter. Lisez plutôt Artemis Fowl de Colfer, A la Croisée des Mondes de Pullman, et tant d’autres qui tiennent bien mieux la route.

Sur ce, je pars manger des pâtes Lustrucru dans une casserole Tefal avant de me laver les dents avec mon nouveau dentifrice Signal. 😀

9 commentaires

  1. Je n’aime pas également quand les auteur-e-s essayent de parler djeuns, car ça tombe souvent à plat. L’argot est une langue en constante évolution, elle est orale, pour moi c’est incongrue de vouloir la fixer sur papier (à part dans les dialogues, où un – Mmhh, trop bon ! » passe, mais j’ai pas l’impression que ce soit le cas).

    1. Le Mhh trop bon en l’occurrence n’était pas dans un dialogue ! Sinon bien sûr je serais passée outre …

      Je suis bien d’accord avec toi, on ne doit pas mélanger langue orale et écrite, ici ça n’a fait que m’énerver …

    1. Il y a de très bons romans ados ! (bon certes j’en lis moins ces derniers temps, mais à l’époque beaucoup m’avaient marqué) Des auteurs comme Gemma Malley, Eoin Colfer, etc. sont de bons écrivains pour ados. Ici ce n’est que de la bit-lit qui n’a pas prétention à toucher ..

  2. Merci pour cette critique. Je ne lis plus les romans de K Reichs depuis longtemps. Les premiers étaient excellents mais depuis quelques années, c’est une catastrophe! Et je vois que cela n’a pas changé.

  3. Miam trop bon !!! j’adore 😀 ! En parlant de littérature ado je suis dans « Nox » d’Yves Grevet, c’est assez génial, lu hier dans le RER aller-retour, jusqu’à Chatou, n’ai pas vu le temps passé tant j’étais immergée dans ma lecture !

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