Les Vaches de Staline par Sofi Oksanen (2003)

vaches staline

Les « vaches de Staline », c’est ainsi que les Estoniens déportés en Sibérie désignèrent les maigres chèvres qu’ils trouvèrent là-bas, dans une sorte de pied de nez adressé à la propagande soviétique qui affirmait que ce régime produisait des vaches exceptionnelles.

Mais Les Vaches de Staline c’est surtout l’histoire de deux femmes, une mère et sa fille, qui voyagent entre Estonie et Finlande entre les années 1970 et 2000. La mère, estonienne, se marie avec un Finlandais et part avec lui. Or, à cette époque, l’Estonie est au cœur du communisme soviétique, et la Finlande est considérée comme le pays développé le plus proche, le pays de cocagne, qui laisse la porte ouverte à tous les trafics entre les deux pays – sous le manteau bien sûr.

La mère, sans rompre totalement avec son pays puisqu’elle y retourne pour voir sa famille, refuse que sa fille se reconnaisse comme une Estonienne, car elle a peur – entre autres – qu’elle soit assimilée à une Russe et exclue de la société. La fille le vit assez mal, et développe en particulier des troubles alimentaires, boulimie et anorexie, qu’elle cache à tout le monde.

En arrière-fonds de ces deux histoires, celle de l’Estonie communiste, et du communisme en général.

La quatrième de couverture a su m’intriguer, et lorsque Le Livre de Poche m’a proposé de le recevoir, j’ai sauté sur l’occasion, d’autant que j’avais beaucoup entendu parler de son deuxième roman, Purge.

Or, s’il n’y a pas grand chose à dire sur le style, quoique assez plat, j’avoue que je suis passée à côté du texte, sur presque 500 pages …

Quel est le message, le thème général de ce roman ? Difficile à dire. J’ai d’abord pensé que c’était l’arrière-fonds politique. Puis que c’était le rapport entre la mère et la fille, parfaitement impiffrables l’une comme l’autre. Puis j’ai fini par comprendre que c’était le rapport de la fille avec la nourriture, qui fait l’objet de minutieuses descriptions, y compris quand il s’agit de vomir chaque repas. Charmant.

Mais finalement que ce soit en Estonie ou pas, on s’en fiche. Certes j’ai été intéressée par les rapports entre ce petit pays et la Finlande, j’ai appris pas mal de choses : comment les Finlandais passaient en touristes en Estonie, franchissant le petit Golfe de Finlande, baskets neuves au pied, paquets de cigarettes dans chaque poche, etc pour les vendre sur la rive d’en face ; comment les Estoniens voient les Finlandais comme des gens forcément très riches, qu’ils n’acceptent pas que ces derniers leur avouent qu’ils n’ont pas plus d’argent qu’eux ; comment le communisme prenait ses aises avec tous les potentiels opposants, et que beaucoup y trouvaient leur compte, récupérant maisons, champs et objets des familles envoyées en Sibérie, etc. Après l’oncle d’Amérique, le cousin de Suède …

La partie historique est donc intéressante.

Cependant les personnages m’ont profondément exaspéré : malgré les pages et les descriptions qui leur sont dédiées, j’ai trouvé qu’ils manquaient de profondeur, et que beaucoup de choses n’étaient finalement pas expliquées. Impossible de comprendre Anna, et encore moins la mère qui traumatise sa fille en lui volant son identité.

« Je devais devenir finlandaise. Je devais parler, marcher comme une Finlandaise, avoir l’air d’une Finlandaise, même si je ne me sentais jamais au bon endroit, en quelque sorte jamais à ma place, comme dans un manteau avec des manches de longueurs différentes et trop petit pour moi, dans des chaussures qui m’écorcheraient à chaque pas. »

Impossible de comprendre Anna qui se parle toute seule, et réussit à cacher sa maladie pendant 15 ans. Je n’ai même pas réussi à être heureuse pour elle à la fin …

Il me semble que l’histoire est un peu bancale, comme si l’auteur avait changé de projet au milieu : le rythme est saccadé, les chapitres se succèdent et l’on finit par s’y perdre tant on tourne en rond. Au final, cela donne une impression d’éparpillement et de confusion, et je me suis clairement ennuyée.

Bref une lecture peu agréable, une rencontre ratée, mais je suis contente d’avoir quand même pu découvrir cet auteur.

finland

27 commentaires

  1. J’ai découvert cet auteur avec Purge… Littérairement parlant (non non je ne me la raconte pas ^^) je ne sais pas trop … Ce que j’en ai surtout retenu, c’est la découverte d’un pan de l’histoire que je ne connaissais pas…
    ps: très joli ce nouveau design!

  2. Il aurait fallu que tu lises Purge d’abord…ce roman là n’est pas assez abouti, Purge part moins dans tous les sens je trouve.

    ps : joli design, on en reparle!

  3. J’aimerai beaucoup découvrir cette auteure mais j’ai plus entendu parlé de Purge que de ce livre ci ! Les thèmes ont cependant l’air similaires : la femme et les relations entre elles.

  4. Je ne l’ai pas trouvé désagréable, même si j’avais davantage apprécié Purge, un roman plus abouti de mon point de vue. Il est vrai que celui-ci est un peu bancal…
    P.S. J’aime beaucoup le nouveau design de ton blog ! Il faut que je me discipline pour venir venir commenter plus souvent.

    1. Bancal, c’est le mot !

      Merci, je suis ravie que le design te plaise, j’y ai passé du temps ! J’en suis bien contente pour le moment …
      Quant aux commentaires, je pourrais me faire la même réflexion ! Mais j’avoue que je passe déjà du temps sur mon blog, donc j’ai du mal à en trouver pour surfer … C’est la vie de la blogosphère !

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