La liste de mes envies de Grégoire Delacourt (2012)

envies

A cinquante ans, Jocelyne tient une petite mercerie dans une petite ville tranquille. Elle a deux enfants, un deuil à porter et un mari à supporter, de plus en plus irascible. Elle ne demande pourtant pas grand chose, à part quelques kilos en moins, un peu de gentillesse en plus et de l’amour … Le jour où elle gagne 18 millions d’euros, elle n’ose l’annoncer à personne, persuadée que cela n’apportera pas plus de bonheur dans sa vie, au contraire …

« Être riche, c’est voir tout ce qui est laid puisqu’on a l’arrogance de penser qu’on peut changer les choses. Qu’il suffit de payer pour ça. Mais je ne suis pas riche. Je possède juste un chèque de dix-huit millions cinq cent quarante-sept mille trois cent un euros et vingt-huit centimes, plié en huit, caché au fond d’une chaussure. Je possède juste la tentation. Une autre vie possible. Une nouvelle maison. Une nouvelle télévision. Plein de choses nouvelles. Mais rien de différent. »

Pendant un moment, elle se contente de dresser des listes, de ce qu’elle ferait, de ce qu’elle achèterait si elle dépensait tout cet argent. Et l’imaginer est déjà un bonheur à lui tout seul … Car finalement cet argent ne peut lui apporter ce qu’elle veut vraiment ..

Il n’y a que dans les livres que l’on peut changer de vie. Que l’on peut tout effacer d’un mot. Faire disparaître le poids des choses. Gommer les vilénies et au bout d’une phrase, se retrouver soudain au bout du monde.

Parce que nos besoins sont nos petits rêves quotidiens. Ce sont des petites choses à faire qui nous projettent à demain, à après-demain, dans le futur; ces petits riens qu’on achètera la semaine prochaine et qui nous permettront de penser que la semaine prochaine , on sera encore vivants.

L’argent rattrape-t-il le temps que nous n’avons pas assez passé ensemble? Les vacances loin les uns des autres, les manques, les heures de solitude et de froid? Les peurs?
L’argent réduit-il les distances, rapproche-t-il les gens?

Je possédais ce que l’argent ne pouvait pas acheter mais juste détruire .
Le bonheur.
Mon bonheur, en tout cas. Le mien. Avec ses défauts. Ses banalités. Ses petitesses. Mais le mien.
Immense. Flamboyant. Unique. »

Si j’ai trouvé Jocelyne un peu trop simple parfois, et son mari trop caricatural à bien des égards, ce roman m’a happé et m’a intéressé pour son thème et la réflexion qu’il implique. La simple thèse que gagner au loto permettrait de satisfaire des envies temporaires, qui en appelleraient d’autres indéfiniment, rien que cette thèse est intéressante à développer à un moment où au cinéma on a tendance à ne glorifier que l’argent facile permettant de s’acheter des voitures, de belles maisons et des filles …

Un roman plaisant, mais pas un grand coup de cœur littéraire.

17 commentaires

  1. Mouais, n’empêche, imagine le nombre de livres que l’on pourrait s’acheter !!!
    Plus sérieusement, certes l’argent ne fait pas le bonheur comme le dit le vieil adage mais au moins il y contribue, pouvoir faire de beaux voyages avec ceux qu’on aime, aider nos proches qui on en besoin, les décharger des soucis pécuniaires qui les obsèdent, etc., n’est-ce pas un grand pas vers le bonheur ? Je ne suis pas très convaincue, je reconnais que si l’argent peut aussi brouiller les pistes, faire des envieux, provoquer d’autres soucis, des rivalités, je sais bien moi ce que je ferai avec 18 millions, non pas changer de maison ou m’acheter une grosse bagnole ou les derniers joujoux hight tech, je m’en fous un peu, mais juste pouvoir profiter plus sereinement de la vie et des miens.

    1. Effectivement, alléger un peu le quotidien, voyager, faire profiter nos proches … mais j’aurais vraiment peur d’attirer les profiteurs et d’être trop naïve pour ne pas les voir venir … J’imagine que les gens, délivrés de problèmes pécuniaires, trouveraient d’autres moyens d’être malheureux, c’est un peu le problème …

      A quoi sert d’acheter des tonnes de bouquins (ce que tu fais déjà !) si on ne prend pas le temps de les lire après ?

      Et pis je nous considère déjà comme très privilégiés, je pense que la réflexion est biaisée chez nous …

  2. J’ai trouvé le tout très convenu, et Jocelyne un peu trop simple comme tu dis. Et pourtant j’ai adoré. Ça fait du bien les bons sentiments de temps en temps ^^

  3. Jocelyne est simple, nature, authentique… une petite française… peut-être cliché, mais qui pourrait être réelle… J’ai aimé ce roman, simple, crédible, doux & dur à la fois…
    Ma critique doit être sur mon blog.

    1. J’ai également été déçu par ce livre dont on entend beaucoup parler partout…
      Par contre dans un autre style, je te conseille la lecture d’un auteur dont on ne parle pas et qui pourtant mériterait bien quelques invitations sur les plateaux télé et autre. Écriture maitrisée, suspense garanti et histoire originale: Joao FERNANDES, « Si j’étais toi » sur Amazon par exemple.
      Info à diffuser absolument!!!

  4. Tout à fait d’accord, le livre est simple et les personnages aussi mais on se laisse très vite happer par l’histoire. Au final c’est un roman que j’ai eu beaucoup de plaisir à lire !

  5. Hier dans une émission radio l’auteur était invité pour parler de son nouveau livre et il disait que celui là allait être adapter au cinéma, peut-être que tu trouveras le film mieux que le livre 🙂

  6. J’aime beaucoup ce thème de la grosse somme d’argent qui fait réfléchir. Très classique mais je le trouve plutôt fascinant. On se critique tous les riches arrogants (moi la première, avec mon petit mug de thé vert)(on échappe pas à ses propres clichés) mais en fait, qu’est ce qu’on ferait réellement, avec tant d’argent ? Est-ce qu’on tomberait dans le matérialisme à outrance, cédant à la tentation, ou est-ce qu’on continuerait à vivre une vie plutôt simple, seulement débarrassée des tracas de fin de mois, comme le dit George ?
    Je crois que j’essayerais de me le procurer, en tout cas merci pour la chronique !

    (en plus le personnage principal a le nom de ma mère, c’est cool)(3615 ma vie inutile)

    1. C’est en effet intéressant, et cela alimente effectivement une réflexion personnelle qui remet en perspective la manière dont on mène nos vies …

      Mais pour ma part, le bonheur je le cherche plus dans l’amélioration de mes relations aux autres, et non pas dans l’accumulation de biens (à moins qu’on considère que tout s’achète même l’amitié et un bon caractère …) à voir ! 🙂

  7. On est tout à fait d’accord! Un roman sympa…mais je suis contente de l’avoir emprunté à la bibliothèque…je n’en ai pas besoin chez moi! Et c’est vrai que les bons sentiments, parfois, on en a besoin!

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