Les derniers jours de Stefan Zweig (2010) / Laurent Seksik

L’auteur :

Né en 1962 à Nice, il est médecin et écrivain. Ce livre, qui est son quatrième roman, a été vendu à plus de 50 000 exemplaires et traduit en sept langues.

Le livre :

Il relate les six derniers mois de Stefan Zweig et de sa femme, en 1942.

Ce que j’en ai pensé :

Ce livre m’a littéralement bouleversé ! En premier lieu, j’adore cet auteur, il était donc normal que j’aille vers cette biographie romancée. De plus, Zweig est un personnage à lui tout seul et il avait une telle personnalité, une telle profondeur d’esprit mais également un tel désespoir en lui qu’il se prêtait particulièrement bien à ce jeu romanesque.

Ensuite, sa vie est un tableau formidable de la vie culturelle européenne de l’avant-guerre. Mais également de l’Histoire européenne et de la montée du nazisme.

Enfin, ce livre est surtout un relais du cri de cet intellectuel qui souffre de voir son monde disparaître, de voir le monde sombrer dans la folie et d’être totalement incapable de l’empêcher. Au-delà de la souffrance individuelle qu’il ressent à être exilé du seul pays où il peut vivre, dont il manie la langue, ce pays qui refuse de publier ses livres; c’est la souffrance collective d’un peuple entier écarté soudainement de la vie et du droit d’exister.

A lire absolument !

Plongée dans l’oeuvre :

« Son existence reposait sur les étagères de la bibliothèque. Sa vie était entre deux planches »

« Qui pouvait entreprendre un roman en ces temps ? tisser une trame plus forte et dramatique que celle qui s’écrivait ? »

« La nostalgie était l’unique moteur de son écriture. Il n’écrivait qu’au passé. »

« Brosser le portrait d’une époque en train de disparaître. »

« Ce que tes livres traduisent, à travers la folie de tes propres héros, c’est le récit de ton propre anéantissement. »

« Plus jamais le regard posé sur la page d’un livre. Plus jamais les yeux ouverts sur d’autres univers. Et l’étrange et lumineuse intimité avec l’auteur, l’impression d’être aspiré dans un monde. Plus jamais le voyage imaginaire, la distorsion du temps. »

6 commentaires

  1. Bonjour

    Je l’ai aussi dans ma PAL…. Suis aussi un grand fan de Stefan Zweig!!

    Très jolie billet!!! Je pense que je ne vais pas résister longtemps à la tentation de le lire..

    A bientot

    1. Si tu aimes Zweig en effet je te le conseille ! Il éclaire pas mal de choses, même si cela reste romancé (mais en même temps cela le rend plus accessible)
      Je chercherai peut-être quand même une biographie plus complète, juste pour avoir plus d’informations sur lui.

    1. Je n’ai pas encore lu celui-ci. Mais j’ai lu La confusion des sentiments, Le joueur d’échecs, Vingt-quatre heures de la vie d’une femme et Voyage dans le passé. Ils m’ont tous bien emballé, c’est une écriture extrêmement fluide, puissante et qui peut exprimer des sentiments très forts. Moi qui n’accroche que très peu aux nouvelles, je suis devenue accroc des siennes ! je trouve qu’elles ont une intensité, une vérité qui les mettent à part. Finalement je trouve que les nouvellistes ont encore plus de mérite quand ils parviennent à nous toucher, en moins de mots : il faut un style très affirmé, efficace. C’est ce que j’aime avec Sweig ! Même si au final « c’étaient toujours de semblables et courts récits de passions exclusives, d’amours irrépressibles, de déchaînement funestes » …

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