Rien (2007) / Janne Teller

Je viens de terminer Rien de Janne Teller.

Et je suis bouleversée, stupéfaite, éprouvée, oui ce sont les mots. Car cet ouvrage touche à une, voire à LA, question essentielle : celle du sens de la vie. Pourquoi vit-on ? Et il le fait d’une façon qui vous touche directement au coeur.

« Si c’est si facile de mourir, c’est parce que la mort n’a pas de sens, criait-il. Et si la mort n’a pas de sens, c’est parce que la vie n’a pas de sens. » Voilà ce que crie Pierre Anton du haut de son prunier à ses camarades de classe. Ceux-ci, troublés par ce qu’il met en doute tout l’intérêt de leur future existence, vont essayer de trouver la signification de celle-ci. Chacun va réfléchir à un objet qui donne du sens à sa vie. Et cela va déraper. Car il n’est pas si facile de trouver du sens dans chacune de ses actions.

En 150 pages, c’est un véritable récit de vie que nous propose Janne Teller. Dur, tragique, incompréhensible. Mais elle compense l’impitoyable du contenu du récit par une légéreté, un humour, et surtout un détachement qui pousse à la réflexion.
Un récit surréaliste, philosophique, avec des personnages un peu fous, qui propose également une réflexion sur l’adolescence et l’absurdité dont peut faire preuve parfois la société.

Extrait :

« Si vous vivez jusqu’à 80 ans, vous en aurez passé 30 ans dormir, vous serez allés à l’école et vous aurez fait vos devoirs pendant 9 bonnes années, et travaillé presque 14. Comme vous avez déjà passé 6 ans à être de petits enfants et à jouer, et qu’il vous faudra au moins 12 ans plus tard pour faire le ménage, manger et garder vos enfants, il vous reste tout au plus 9 ans à vivre. […] Et vous avez envie de passer ces neuf ans à faire semblant d’avoir du succès dans une comédie qui ne veut rien dire, quand on peut profiter de ces neuf ans tout de suite ? »

« C’était la vie et rien d’autre. On commençait à comprendre ce que Pierre Anton avait voulu dire. Et on commençait à comprendre pourquoi les adultes étaient comme ils étaient. Et même si on s’était juré de ne jamais en arriver à leur ressembler, c’était précisément ce qui était en train de se passer. Et on n’avait même pas 15 ans. »

 

A propos de l’auteur :

Née en 1964 à Copenhague, Janne Teller à suivi des études d’économie. Elle a travaillé et vécu à New York, Bruxelles, Dar est-Salaam et Paris, où elle vit aujourd’hui. Rien, s’est vendu à plus de 25 000 exemplaires au Danemark et a reçu le prix du meilleur livre jeunesse en 2001 décerné par le Ministère de la Culture…

5 commentaires

  1. Il me dit quelque chose ce livre…(pénible de ne pas se rappeler ! 😉 Ce sont les citations que tu as laissées qui me donnent une impression de « déjà lu » ou déjà vu en tout cas !
    Je t’ai inscrite dans ma page LC , mais rien ne t’empêche de t’en créer une également où ceux qui passeront pourront s’inscrire à leur tour !!^^ Pour l’instant je n’en prends plus d’autres jusqu’à novembre car je ne pourrai pas lire tout ce qui m’attend à côté et que sont entre autres les livres voyageurs !!^^

  2. Ah le trou noir devant un livre qui nous dit quelque chose .. c’est terrible ! je compatis ! 🙂

    Merci pour la LC ! Oui je pense que je vais en lancer mais je ne sais pas encore lesquelles, il faut que je continue à construire mon site petit à petit, et à en faire la publicité !

    A bientôt !

  3. C’est effectivement un très beau livre, simple et intense par la beauté sobre de sa gravité juvénile sincère et sans prétention. Plus que de la légèreté, c’est la pureté cinglante de l’enfance qui illumine le livre et permet à l’auteur d’éviter la densité philosophique que l’on aurait exigée d’un narrateur adulte sur ce même sujet, sous peine de le trouver pathétique.

    Si c’est aussi une facilité d’écriture tant du point de vu sémantique (cela permet en toute légitimité de rester simple dans la réflexion, ce qui au demeurant est peut-être bien plus efficace), que stylistique, (l’écriture étant commodément adapté aux capacités lexicales supposées d’une adolescente de treize ans, mais je serais pédant de dire que cela m’a dérangé à la lecture) ; cela permet toutefois à l’auteur de déployer une histoire touchante, qui a la puissance d’un conte, si ce n’était la narration à la première personne et le style utilisé, sublimant un bref instant par la seule émotion la profondeur d’un sujet qu’il est si facile de noyer en ruminations banales.

    Merci Super Librarian de nous avoir présenté ce livre, et bonnes lectures à tous!

  4. ah super, j’ai vraiment hâte de trouver ce livre à ma bib à la rentrée !!!
    mais il me fait penser à un livre récemment écrit par une jeune femme, Blandine Le Callet, « la ballade de Lila K » qu’il faut absolument lire cette année, sur le thème de la force de l’amour d’une fille pour sa mère. Un livre très très fort !!!

  5. Je viens de le terminer aussi! Et j’ai beaucoup aimé ce roman aux accents philosophiques, à la fois dur et lucide. Un livre qui bouleverse assurément!

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